Stade LSS et Arène nationale : Babacar Ndiaye dresse le bilan de sa première année à la tête de l’OGIS (vidéo)


Un an après son installation à la tête de l’Office de gestion des infrastructures sportives (OGIS), Babacar Ndiaye dresse un premier bilan de la structure chargée de gérer certaines grandes infrastructures sportives du pays. Dans cet entretien accordé à Wiwsport, il revient sur les missions de l’OGIS, la gestion du stade Léopold Sédar Senghor et de l’Arène nationale, ainsi que sur l’homologation toujours attendue de l’enceinte dakaroise.
Entretien
Un an après votre installation à la tête de l’OGIS, quel bilan faites-vous de cette première année de gestion des infrastructures sportives ?
L’Office de gestion des infrastructures sportives (OGIS) est une structure du secteur parapublic créée par le décret n°2024-65 du 19 janvier 2024. C’est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé de gérer les infrastructures sportives à statut national. Actuellement, l’OGIS assure la gestion de deux grandes infrastructures, le stade Léopold Sédar Senghor et l’Arène nationale. Oui, cela fait un an que nous sommes à la tête de l’OGIS. Mais il faut aussi rappeler que le stade Léopold Sédar Senghor a été rouvert le 11 avril 2025 après plusieurs années de rénovation. La ministre de la Jeunesse et des Sports avait réceptionné les clés du stade des mains de l’entreprise chinoise qui a réalisé les travaux. Ensuite, pour que l’OGIS puisse gérer officiellement ces infrastructures, il fallait un arrêté de dévolution transférant leur gestion du ministère des Sports vers notre structure. Cet arrêté a été signé en septembre et c’est à partir de ce moment que nous avons officiellement reçu la gestion du stade Léopold Sédar Senghor et de l’Arène nationale.
Comme l’établissement était nouveau, nous devions d’abord obtenir toutes les autorisations nécessaires pour accueillir le public. Nous avons donc travaillé avec la protection civile pour effectuer une visite de conformité afin de vérifier que le stade pouvait recevoir des événements de grande envergure. Cela nous a permis d’organiser plusieurs activités importantes, notamment le Meeting international d’athlétisme de Dakar, qui a été le premier grand événement organisé au stade après sa réouverture. Le stade a aussi accueilli la finale de la Coupe du Sénégal, un événement présidé par les autorités de l’État.
Le stade Léopold Sédar Senghor attend toujours son homologation pour accueillir des matchs internationaux. Où en est aujourd’hui ce processus ?
Effectivement, la CAF a envoyé des inspecteurs pour vérifier si le stade répondait aux normes internationales. Lors de cette inspection, quelques manquements ont été relevés, notamment sur certains aspects liés à la sécurité et aux aménagements. Par exemple, il y avait des recommandations concernant les escaliers, la tribune de presse ou encore l’accès aux vestiaires pour permettre aux joueurs de rentrer rapidement en cas de besoin. Il y avait aussi la question des bancs de touche, gérer par la Fédération sénégalaise de football. Toutes ces recommandations ont été prises en compte et les corrections nécessaires ont été effectuées. Maintenant, nous attendons que les autorités saisissent la Fédération afin que celle-ci puisse à son tour saisir la CAF pour l’homologation définitive du stade.
En termes de rentabilité, ces infrastructures arrivent-elles à générer des revenus ? Et entre le stade Léopold Sédar Senghor et l’Arène nationale, lequel est aujourd’hui le plus rentable ?
Un stade ne doit pas vivre uniquement avec le football. Aujourd’hui, plusieurs activités y sont organisées. Par exemple, la gendarmerie y organise actuellement des tests physiques de recrutement. Nous disposons également de salles de réunion, de restaurants et d’autres espaces qui peuvent accueillir différents événements. L’Arène nationale est très dynamique, surtout pendant la saison de lutte. En termes de rentabilité, elle génère même plus de revenus que le stade Léopold Sédar Senghor. Pendant les périodes de lutte, il y a régulièrement des combats, parfois plusieurs dans la semaine, sans compter les concerts et d’autres événements.
Un projet d’aménagement du parking du stade Léopold Sédar Senghor avait été annoncé. Où en est-il aujourd’hui ?
Il existe effectivement un projet d’aménagement du parking du stade Léopold Sédar Senghor. Comme vous avez pu le constater, le parking est aujourd’hui clôturé, même s’il reste encore quelques accès à finaliser. Dans le cadre de ce projet, l’OGIS souhaite rechercher des partenaires afin de mieux valoriser cet espace. Nous explorons notamment la possibilité de collaborer avec des partenaires privés à travers des partenariats public-privé. L’objectif est d’améliorer les infrastructures autour du stade et de développer des aménagements modernes qui pourront également générer des activités et renforcer l’exploitation de l’infrastructure.
Quel est le tarif appliqué pour la location du stade pour des événements sportifs ou autres activités ?
Lol, pour l’instant, nous louons le stade pour différentes activités contre une somme conséquente. Il a déjà été mis à disposition de la Fédération sénégalaise de football pour un match test. Il n’existe pas encore de tarif fixe, mais le stade peut être utilisé par toute organisation ou structure souhaitant y organiser un événement. Nous avons également une convention avec le Jaraaf de Dakar, qui y reçoit ses matchs. Par ailleurs, plusieurs grandes affiches du championnat professionnel ou des derbys de Dakar peuvent s’y jouer, grâce à la sécurité et à l’accessibilité offertes par le stade.
Le stade Leopold est-il prêt à accueillir l’équipe nationale du Sénégal pour cette fenêtre de mars, même pour une séance d’entraînement ?
Oui, bien sûr. Le stade est entièrement accessible et prêt à accueillir l’équipe nationale si elle souhaite y effectuer une séance d’entraînement. C’est important pour nous que la population puisse se rapprocher de son équipe nationale, comme nous l’avions fait lors de la dernière séance de Tagato, avant le départ des Lions pour la CAN. Même si la Fédération sénégalaise de football n’a pas encore officialisé sa venue, nous restons ouverts et disponibles pour mettre le stade à leur disposition.
Quel est l’état actuel de la pelouse du stade Léopold Sédar Senghor et répond-elle aux standards requis pour les matchs et entraînements ?
D’habitude l’État investissait beaucoup d’argent dans les stades, mais après quelques années ils se détérioraient et il fallait revenir demander des financements pour les refaire, c’est pour ça que nous avons créé l’OGIS. L’objectif, c’est de rendre ces infrastructures rentables et durables, de s’assurer qu’elles soient bien entretenues et utilisées, et de préparer l’avenir. Après les Jeux olympiques de la jeunesse, nous espérons pouvoir gérer d’autres infrastructures comme le stade Iba Mar Diop ou la piscine olympique. C’est ça l’importance de l’OGIS, gérer professionnellement et efficacement ces équipements pour que le sport sénégalais et la population en bénéficient pleinement.
[embedded content]wiwsport.com propos recueillis par A. N




